Emploi, logement, pouvoir d’achat, vie chère, violences, sécurité : ces préoccupations sont évidemment essentielles. Mais pour l’auteur, elles constituent avant tout les effets visibles d’un système dont il faudrait désormais interroger les causes profondes.
Des réponses qui traitent les conséquences
Paul Hoarau part d’un constat : depuis des décennies, les responsables politiques promettent de résoudre ces difficultés. Les majorités changent, les dispositifs se succèdent, des aides sont créées, mais les problèmes demeurent et, pour certains, s’aggravent.
Son analyse consiste alors à distinguer la compensation de la transformation.
Lorsque l’activité économique ne permet plus de fournir suffisamment d’emplois et de revenus, la puissance publique intervient par les prestations et les aides. Celles-ci sont indispensables pour les personnes qui en ont besoin, mais elles ne remplacent pas une économie capable de créer durablement de l’activité et du travail.
Pour Paul Hoarau, le véritable enjeu serait donc moins de supprimer ces mécanismes de solidarité que de construire un modèle permettant à davantage de Réunionnais de vivre de leur activité.
Profit, mondialisation et production locale
L'auteur identifie deux causes principales : la primauté du « profit d’abord » et une mondialisation qui place les territoires et leurs travailleurs en concurrence.
Dans cette logique, une production locale peut disparaître dès lors qu'il devient moins coûteux d'importer le même produit depuis l'autre bout du monde.
Paul Hoarau prend notamment l'exemple des productions réunionnaises : si le sucre, le géranium ou d'autres produits peuvent être obtenus ailleurs à moindre coût, la logique économique mondiale risque de délaisser progressivement la production réunionnaise.
Face à cela, il propose de remplacer le principe du « profit d'abord » par celui de « l'Homme au centre ».
Il ne rejette pas le capital ni l'économie de marché. Il considère au contraire que le capital est nécessaire à la production, mais qu'il devrait participer au développement des territoires plutôt que se substituer systématiquement à leurs acteurs économiques.
« Kisa noulé, nou léla, sénou kifé »
C'est ici que son raisonnement économique rejoint la question de l'identité réunionnaise.
Pour Paul Hoarau, un territoire ne peut réellement peser sur son avenir que si sa population prend conscience qu'elle constitue une communauté capable d'exprimer collectivement ses choix.
D'où cette formule qui résume sa démarche :
« Kisa noulé » : qui sommes-nous ?
« Nou léla » : nous sommes là.
« Sénou kifé » : c'est à nous d'agir.
L'identité n'est donc pas présentée comme une fin en soi. Elle devient, dans son raisonnement, le préalable à une responsabilité collective et à la définition d'un projet de développement.
Le référendum comme acte politique
C'est également dans cette logique qu'il défend un référendum autour des « Fondamentaux pour La Réunion ».
L'objectif serait de faire exprimer directement les Réunionnais afin de donner aux responsables politiques un mandat populaire suffisamment fort pour négocier et défendre un modèle économique davantage tourné vers la production locale, l'emploi et les intérêts du territoire.
Paul Hoarau renverse ainsi la relation habituelle entre l'électeur et le candidat : il ne s'agirait plus seulement d'attendre qu'un responsable politique promette de résoudre les problèmes, mais que le peuple définisse d'abord ce qu'il souhaite, avant de choisir ceux qui seront chargés de mettre cette orientation en œuvre.
Une question qui mérite le débat
On peut partager ou contester cette analyse, notamment sur les causes économiques qu'elle identifie ou sur les réponses institutionnelles qu'elle propose.
Mais elle pose une question intéressante : peut-on durablement résoudre les difficultés sociales de La Réunion sans s'interroger sur le modèle économique qui les produit ou les entretient ?
C'est probablement là que réside l'intérêt principal du texte de Paul Hoarau.
Il nous invite à ne pas seulement regarder les effets, mais à débattre aussi des causes — et, finalement, de la place que les Réunionnais souhaitent prendre dans la construction de leur propre avenir.
Des réponses qui traitent les conséquences
Paul Hoarau part d’un constat : depuis des décennies, les responsables politiques promettent de résoudre ces difficultés. Les majorités changent, les dispositifs se succèdent, des aides sont créées, mais les problèmes demeurent et, pour certains, s’aggravent.
Son analyse consiste alors à distinguer la compensation de la transformation.
Lorsque l’activité économique ne permet plus de fournir suffisamment d’emplois et de revenus, la puissance publique intervient par les prestations et les aides. Celles-ci sont indispensables pour les personnes qui en ont besoin, mais elles ne remplacent pas une économie capable de créer durablement de l’activité et du travail.
Pour Paul Hoarau, le véritable enjeu serait donc moins de supprimer ces mécanismes de solidarité que de construire un modèle permettant à davantage de Réunionnais de vivre de leur activité.
Profit, mondialisation et production locale
L'auteur identifie deux causes principales : la primauté du « profit d’abord » et une mondialisation qui place les territoires et leurs travailleurs en concurrence.
Dans cette logique, une production locale peut disparaître dès lors qu'il devient moins coûteux d'importer le même produit depuis l'autre bout du monde.
Paul Hoarau prend notamment l'exemple des productions réunionnaises : si le sucre, le géranium ou d'autres produits peuvent être obtenus ailleurs à moindre coût, la logique économique mondiale risque de délaisser progressivement la production réunionnaise.
Face à cela, il propose de remplacer le principe du « profit d'abord » par celui de « l'Homme au centre ».
Il ne rejette pas le capital ni l'économie de marché. Il considère au contraire que le capital est nécessaire à la production, mais qu'il devrait participer au développement des territoires plutôt que se substituer systématiquement à leurs acteurs économiques.
« Kisa noulé, nou léla, sénou kifé »
C'est ici que son raisonnement économique rejoint la question de l'identité réunionnaise.
Pour Paul Hoarau, un territoire ne peut réellement peser sur son avenir que si sa population prend conscience qu'elle constitue une communauté capable d'exprimer collectivement ses choix.
D'où cette formule qui résume sa démarche :
« Kisa noulé » : qui sommes-nous ?
« Nou léla » : nous sommes là.
« Sénou kifé » : c'est à nous d'agir.
L'identité n'est donc pas présentée comme une fin en soi. Elle devient, dans son raisonnement, le préalable à une responsabilité collective et à la définition d'un projet de développement.
Le référendum comme acte politique
C'est également dans cette logique qu'il défend un référendum autour des « Fondamentaux pour La Réunion ».
L'objectif serait de faire exprimer directement les Réunionnais afin de donner aux responsables politiques un mandat populaire suffisamment fort pour négocier et défendre un modèle économique davantage tourné vers la production locale, l'emploi et les intérêts du territoire.
Paul Hoarau renverse ainsi la relation habituelle entre l'électeur et le candidat : il ne s'agirait plus seulement d'attendre qu'un responsable politique promette de résoudre les problèmes, mais que le peuple définisse d'abord ce qu'il souhaite, avant de choisir ceux qui seront chargés de mettre cette orientation en œuvre.
Une question qui mérite le débat
On peut partager ou contester cette analyse, notamment sur les causes économiques qu'elle identifie ou sur les réponses institutionnelles qu'elle propose.
Mais elle pose une question intéressante : peut-on durablement résoudre les difficultés sociales de La Réunion sans s'interroger sur le modèle économique qui les produit ou les entretient ?
C'est probablement là que réside l'intérêt principal du texte de Paul Hoarau.
Il nous invite à ne pas seulement regarder les effets, mais à débattre aussi des causes — et, finalement, de la place que les Réunionnais souhaitent prendre dans la construction de leur propre avenir.
Journal de Paul Hoarau - N°292 - LUNDI 03 AOUT 2026 DES EFFETS ET DES CAUSES
Journal de Paul Hoarau
N°292 - LUNDI 03 AOUT 2026
DES EFFETS ET DES CAUSES
A propos du référendum autour des « Fondamentaux pour La Réunion », me revient souvent
l’observation suivante : « le Peuple se fiche de l’identité, de la reconnaissance, de la responsabilité ».
Ce qui l’intéresse, c’est le logement, la formation, l’emploi, le pouvoir d’achat et la vie chère, les
violences intrafamiliales et les violences de quartiers, la sécurité, etc. »
Les problèmes du logement, de l’emploi, du pouvoir d’achat, de la violence, de la sécurité et les autres
sont importants, ils sont vitaux pour des individus et des familles de plus en plus nombreux. Ils sont les
effets d’une situation qui en est la cause. Les causes, pour le peuple me dit-on alors, c’est aux politiques
de s’en occuper et de les régler. Forts de cette mission, les politiques tiennent au peuple ce langage :
« votez pour moi, je règlerai la question ». Le peuple vote, tantôt à droite, tantôt à gauche. Les
problèmes demeurent.
Suite à des revendications ponctuelles, des mesures ponctuelles sont prises. Ce qu’elles apportent d’une
main, à grands renforts de « communication », sont annulées par les mesures qu’elles apportent de
l’autre main, dans la plus grande discrétion. A l’augmentation de salaire que l’on refuse, correspond
l’augmentation d’impôt pour payer le RSA ; en l’absence de politique pour développer l’économie locale
(trop chère) qui permettrait d’embaucher, correspond le développement de l’importation (moins chèr)
et la mise au chômage des producteurs locaux ; au refus d’une politique locale animée et conduite par
des responsables locaux en fonction d’intérêts locaux, correspond une politique conduite par des
responsables mondialistes en fonction d’intérêts mondialistes (pas toujours nationaux) qui
marginalisent les locaux. Les revenus ordinaires et les dépenses sociales, ne sont plus financées par le
travail et des cotisations, mais par les impôts, à travers les diverses aides publiques. Cette substitution
de « l’Etat » pour faire vivre par l’impôt ceux que l’économie mondialiste a marginalisés et condamnés
au chômage, contribue à l’endettement public de plusieurs milliers de milliards d’Euros dont il est
question partout. Un jour l’État dira : je n’en peux plus (certains poussent les choses à cette extrémité).
Les problèmes ne sont pas réglés. Il n’est pas question de supprimer les aides publiques financées par
l’impôt (comme y poussent certains), mais d’instaurer un ordre économique différent, qui réduirait le
volume de ces aides en diminuant le nombre d’exclus.
Les problèmes ne sont toujours pas réglés, parce que personne ne s’attaque aux causes. On remplace
« le revenu du travail » perdu, par « les aides publiques » de l’impôt. Les causes structurelles de cette
situation, le « profit d’abord comme règle » et « la mondialisation comme unique espace de travail »,
ne sont pas prises en compte.
La première cause, c’est la règle du « profit d’abord ». N’est viable que s’il y a de l’argent à gagner par le
jeu naturel des choses, sinon : ne pas perdre de temps, ne pas perdre d’argent (time is money). La
deuxième cause, c’est la mondialisation qui fait du Monde l’unique champ de travail. Si dans un pays je
ne gagne pas d’argent parce que la main d’œuvre est trop chère, j’achète au pays qui me rapporte de
l’argent parce que la main d’œuvre y est moins chère. Si je gagne plus d’argent avec le sucre du Viêt-
Nam et plus d’argent avec le géranium d’Egypte, je laisse tomber La Réunion.
A ces deux causes, deux remèdes : premier remède, remplacer la règle du « profit d’abord » par la règle
de « l’Homme au centre » ; deuxième remède, « le retour des peuples ».
Il n’est pas question de supprimer « le capital » (l’argent) dans les processus de production, dans tous
les domaines. Le capital en est un élément essentiel de l’activité économique, au même titre que « le
travail » et « la matière première ». Il en est un élément au niveau local, au niveau national et au niveau
mondial. Les régimes qui ont voulu l’éliminer, n’ont pas réussi. Ils ont péri ou en sont revenus.
Mais « le capital » ne doit pas ignorer les peuples : au nom du « droit des peuples ». Ces derniers ont le
droit de travailler à leur propre développement et à le conduire. Si, sous la règle du « profit d’abord »,
le capital peut éliminer le producteur local ou prendre sa place, il enfreint la règle de « l’Homme au
centre », la règle « des droits de l’Homme », un fondement de notre République. « Le capital
mondialiste » a de quoi alimenter son action dans des entreprises mondiales auxquelles les acteurslocaux des peuples ne peuvent même pas rêver. « Le capital mondialiste » peut aussi « participer » au
développement local par des apports divers d’argent, de technologie. A la condition qu’il s’intègre dans
les projets locaux conduits par des acteurs locaux. C’est dans cette direction que devraient pouvoir
travailler les politiques.
Le problème, c’est que la règle aujourd’hui, c’est la règle « du profit d’abord » que les puissances
d’argent imposent aux politiques locaux, nationaux et mondiaux. Au pouvoir de ces puissances d’argent,
il n’y a pas de contre-pouvoir. C’est pour cela que les politiques de tous les bords se succèdent, dans le
monde, en France et ici, sans régler « les problèmes qui intéressent les peuples ». Pour rester dans ce
qui nous concerne, ces problèmes qui intéressent le peuple à La Réunion, ne sont pas réglés et
s’aggravent. Personne ne contestera cela.
Les Réunionnais devraient comprendre que les politiques, aujourd’hui, ne peuvent pas régler leur
situation au niveau des causes dont le principal est le déni des peuples, de leurs droits et de leurs
responsabilités. Le contre-pouvoir aux puissances d’argent, ce sont les peuples. Encore faut-il, nous
concernant, que les Réunionnais fassent peuple, affichent leur identité (kisa noulé), leur présence (nou
léla) et leur responsabilité (sénou kifé). Cette profession de foi réunionnaise doit être massive : de
dizaines de milliers de personnes de toutes origines, de toutes catégories sociales, de toutes
appartenances religieuses, politiques, professionnelles, associatives : REUNIONNAISES ! Cette
manifestation populaire massive devrait être confirmée par un acte politique, non pas un acte de ses
« représentants », mais un acte du « souverain » lui-même (le peuple) : UN REFERENDUM.
Alors, forts de ce « contre-pouvoir populaire », les politiques pourront négocier avec « les puissances
d’argent mondialistes » pour l’instauration des « droits de l’Homme », de « L’HOMME AU CENTRE »,
pour l’instauration d’une politique économique de promotion, de protection et d’aide au profit de la
production locale avec, par et pour les locaux. Alors les candidats ne diront plus : « votez pour moi, je
règlerai les problèmes » (dépourvus du contre-pouvoir populaire, ils n’en ont pas les moyens, les uns et
les autres). Ils diront, « Je sais ce que vous voulez, votez pour mon programme, c’est celui qui
correspond le mieux à vos attentes et qui a les plus grandes chances de réussir ». Le peuple choisira. Il
choisira le négociateur qui lui conviendra le mieux et qui aura le plus de chance de réussir. Ce sera le
retour de LA DEMOCRATIE.
J’ai parlé pour La Réunion parce que nous en sommes les responsables. Ce mouvement est national,
mondial. Notre siècle est le siècle du retour des peuples. Il se manifeste dans le monde entier sous
toutes sortes de formes. Il est souvent violent, il tourne parfois à la guerre. Le modèle Réunionnais que
nous proposons est « pacifique ». Il est jouable. Il fait partie de ces mouvements, également pacifiques,
qui se manifestent dans le monde français d’Amérique, d’Asie et d’Europe. Nous apportons la pierre
d’Afrique.
Faisons peuple, affichons ce qui fait l’identité de notre peuple au sein de la nation française, traçons le
chemin de notre développement et mettons-nous au travail pour le parcourir. Il nous faut passer par là
pour régler nos problèmes d’emploi, de pouvoir d’achat, de sécurité, etc. Si nous ne passons pas par là,
c’est l’uniformité des « puissances d’argent mondialistes », qui tiendront notre destin entre leurs mains :
le destin des Réunionnais gros, moyens et petits, tous !
Paul HOARAU
N°292 - LUNDI 03 AOUT 2026
DES EFFETS ET DES CAUSES
A propos du référendum autour des « Fondamentaux pour La Réunion », me revient souvent
l’observation suivante : « le Peuple se fiche de l’identité, de la reconnaissance, de la responsabilité ».
Ce qui l’intéresse, c’est le logement, la formation, l’emploi, le pouvoir d’achat et la vie chère, les
violences intrafamiliales et les violences de quartiers, la sécurité, etc. »
Les problèmes du logement, de l’emploi, du pouvoir d’achat, de la violence, de la sécurité et les autres
sont importants, ils sont vitaux pour des individus et des familles de plus en plus nombreux. Ils sont les
effets d’une situation qui en est la cause. Les causes, pour le peuple me dit-on alors, c’est aux politiques
de s’en occuper et de les régler. Forts de cette mission, les politiques tiennent au peuple ce langage :
« votez pour moi, je règlerai la question ». Le peuple vote, tantôt à droite, tantôt à gauche. Les
problèmes demeurent.
Suite à des revendications ponctuelles, des mesures ponctuelles sont prises. Ce qu’elles apportent d’une
main, à grands renforts de « communication », sont annulées par les mesures qu’elles apportent de
l’autre main, dans la plus grande discrétion. A l’augmentation de salaire que l’on refuse, correspond
l’augmentation d’impôt pour payer le RSA ; en l’absence de politique pour développer l’économie locale
(trop chère) qui permettrait d’embaucher, correspond le développement de l’importation (moins chèr)
et la mise au chômage des producteurs locaux ; au refus d’une politique locale animée et conduite par
des responsables locaux en fonction d’intérêts locaux, correspond une politique conduite par des
responsables mondialistes en fonction d’intérêts mondialistes (pas toujours nationaux) qui
marginalisent les locaux. Les revenus ordinaires et les dépenses sociales, ne sont plus financées par le
travail et des cotisations, mais par les impôts, à travers les diverses aides publiques. Cette substitution
de « l’Etat » pour faire vivre par l’impôt ceux que l’économie mondialiste a marginalisés et condamnés
au chômage, contribue à l’endettement public de plusieurs milliers de milliards d’Euros dont il est
question partout. Un jour l’État dira : je n’en peux plus (certains poussent les choses à cette extrémité).
Les problèmes ne sont pas réglés. Il n’est pas question de supprimer les aides publiques financées par
l’impôt (comme y poussent certains), mais d’instaurer un ordre économique différent, qui réduirait le
volume de ces aides en diminuant le nombre d’exclus.
Les problèmes ne sont toujours pas réglés, parce que personne ne s’attaque aux causes. On remplace
« le revenu du travail » perdu, par « les aides publiques » de l’impôt. Les causes structurelles de cette
situation, le « profit d’abord comme règle » et « la mondialisation comme unique espace de travail »,
ne sont pas prises en compte.
La première cause, c’est la règle du « profit d’abord ». N’est viable que s’il y a de l’argent à gagner par le
jeu naturel des choses, sinon : ne pas perdre de temps, ne pas perdre d’argent (time is money). La
deuxième cause, c’est la mondialisation qui fait du Monde l’unique champ de travail. Si dans un pays je
ne gagne pas d’argent parce que la main d’œuvre est trop chère, j’achète au pays qui me rapporte de
l’argent parce que la main d’œuvre y est moins chère. Si je gagne plus d’argent avec le sucre du Viêt-
Nam et plus d’argent avec le géranium d’Egypte, je laisse tomber La Réunion.
A ces deux causes, deux remèdes : premier remède, remplacer la règle du « profit d’abord » par la règle
de « l’Homme au centre » ; deuxième remède, « le retour des peuples ».
Il n’est pas question de supprimer « le capital » (l’argent) dans les processus de production, dans tous
les domaines. Le capital en est un élément essentiel de l’activité économique, au même titre que « le
travail » et « la matière première ». Il en est un élément au niveau local, au niveau national et au niveau
mondial. Les régimes qui ont voulu l’éliminer, n’ont pas réussi. Ils ont péri ou en sont revenus.
Mais « le capital » ne doit pas ignorer les peuples : au nom du « droit des peuples ». Ces derniers ont le
droit de travailler à leur propre développement et à le conduire. Si, sous la règle du « profit d’abord »,
le capital peut éliminer le producteur local ou prendre sa place, il enfreint la règle de « l’Homme au
centre », la règle « des droits de l’Homme », un fondement de notre République. « Le capital
mondialiste » a de quoi alimenter son action dans des entreprises mondiales auxquelles les acteurslocaux des peuples ne peuvent même pas rêver. « Le capital mondialiste » peut aussi « participer » au
développement local par des apports divers d’argent, de technologie. A la condition qu’il s’intègre dans
les projets locaux conduits par des acteurs locaux. C’est dans cette direction que devraient pouvoir
travailler les politiques.
Le problème, c’est que la règle aujourd’hui, c’est la règle « du profit d’abord » que les puissances
d’argent imposent aux politiques locaux, nationaux et mondiaux. Au pouvoir de ces puissances d’argent,
il n’y a pas de contre-pouvoir. C’est pour cela que les politiques de tous les bords se succèdent, dans le
monde, en France et ici, sans régler « les problèmes qui intéressent les peuples ». Pour rester dans ce
qui nous concerne, ces problèmes qui intéressent le peuple à La Réunion, ne sont pas réglés et
s’aggravent. Personne ne contestera cela.
Les Réunionnais devraient comprendre que les politiques, aujourd’hui, ne peuvent pas régler leur
situation au niveau des causes dont le principal est le déni des peuples, de leurs droits et de leurs
responsabilités. Le contre-pouvoir aux puissances d’argent, ce sont les peuples. Encore faut-il, nous
concernant, que les Réunionnais fassent peuple, affichent leur identité (kisa noulé), leur présence (nou
léla) et leur responsabilité (sénou kifé). Cette profession de foi réunionnaise doit être massive : de
dizaines de milliers de personnes de toutes origines, de toutes catégories sociales, de toutes
appartenances religieuses, politiques, professionnelles, associatives : REUNIONNAISES ! Cette
manifestation populaire massive devrait être confirmée par un acte politique, non pas un acte de ses
« représentants », mais un acte du « souverain » lui-même (le peuple) : UN REFERENDUM.
Alors, forts de ce « contre-pouvoir populaire », les politiques pourront négocier avec « les puissances
d’argent mondialistes » pour l’instauration des « droits de l’Homme », de « L’HOMME AU CENTRE »,
pour l’instauration d’une politique économique de promotion, de protection et d’aide au profit de la
production locale avec, par et pour les locaux. Alors les candidats ne diront plus : « votez pour moi, je
règlerai les problèmes » (dépourvus du contre-pouvoir populaire, ils n’en ont pas les moyens, les uns et
les autres). Ils diront, « Je sais ce que vous voulez, votez pour mon programme, c’est celui qui
correspond le mieux à vos attentes et qui a les plus grandes chances de réussir ». Le peuple choisira. Il
choisira le négociateur qui lui conviendra le mieux et qui aura le plus de chance de réussir. Ce sera le
retour de LA DEMOCRATIE.
J’ai parlé pour La Réunion parce que nous en sommes les responsables. Ce mouvement est national,
mondial. Notre siècle est le siècle du retour des peuples. Il se manifeste dans le monde entier sous
toutes sortes de formes. Il est souvent violent, il tourne parfois à la guerre. Le modèle Réunionnais que
nous proposons est « pacifique ». Il est jouable. Il fait partie de ces mouvements, également pacifiques,
qui se manifestent dans le monde français d’Amérique, d’Asie et d’Europe. Nous apportons la pierre
d’Afrique.
Faisons peuple, affichons ce qui fait l’identité de notre peuple au sein de la nation française, traçons le
chemin de notre développement et mettons-nous au travail pour le parcourir. Il nous faut passer par là
pour régler nos problèmes d’emploi, de pouvoir d’achat, de sécurité, etc. Si nous ne passons pas par là,
c’est l’uniformité des « puissances d’argent mondialistes », qui tiendront notre destin entre leurs mains :
le destin des Réunionnais gros, moyens et petits, tous !
Paul HOARAU
















