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​Max Richard : « La jeunesse a sa place en politique »



Dans notre série Portraits de Réunionnais qui s’engagent, Sabine Bourane nous emmène à Sainte-Suzanne à la rencontre de Max Richard, délégué communal du Rassemblement National. Enfant de la commune, ancien militant communiste, amoureux de la rivière et de la nature, il porte aujourd’hui un regard très concret sur l’avenir de son territoire.



Sainte-Suzanne, un potentiel à développer

Pour Max Richard, Sainte-Suzanne dispose d’atouts qui ne sont pas encore suffisamment exploités.

Située dans le Nord-Est et à proximité de l’aéroport Roland-Garros, la commune pourrait, selon lui, développer davantage son activité économique en s’appuyant notamment sur le tourisme, l’hébergement, les déplacements et la consommation locale.

Les bassins, les rivières, les Hauts et le patrimoine naturel constituent à ses yeux autant de richesses susceptibles d’attirer davantage de visiteurs et de générer de l’activité.

Son idée : ne plus seulement considérer Sainte-Suzanne comme un territoire de passage, mais comme une destination à part entière.

Du Parti communiste au Rassemblement National

Le parcours politique de Max Richard ne suit pas une ligne toute tracée.

Il raconte avoir autrefois milité au Parti communiste réunionnais avant de prendre progressivement ses distances.

Le déclic vers le RN intervient notamment en 2024 lorsqu’il suit un débat télévisé de Jordan Bardella. Il dit alors avoir été interpellé par sa prestation, son discours et son potentiel politique.

En étudiant ensuite davantage les propositions du Rassemblement National, notamment sur l’immigration, Max Richard décide de rejoindre le mouvement.

Un changement de famille politique qu’il assume pleinement aujourd’hui.

Ramener les jeunes vers la politique

En tant que délégué communal, l’une de ses priorités est désormais la jeunesse.

Max Richard veut convaincre les jeunes qu’ils ont leur place dans le débat public.

Il comprend leur défiance. À ses yeux, les pratiques et les promesses non tenues de générations successives de responsables politiques ont contribué à éloigner une partie de la population des urnes.

Mais il refuse que ce désenchantement se transforme en abandon.

Internet et les réseaux permettent aujourd’hui, rappelle-t-il, de s’informer, de comparer et de se forger sa propre opinion.

Son message : informez-vous, participez et prenez votre place.

L’emploi avant tout

Car derrière l’engagement politique se trouve une préoccupation très concrète : donner des perspectives à la population.

Max Richard pointe particulièrement les difficultés d’accès à l’emploi et la situation de jeunes Réunionnais diplômés qui ne trouvent pas de débouchés sur leur île.

Partir en Hexagone peut être une expérience enrichissante, reconnaît-il. Voyager, devenir autonome, découvrir autre chose peut aider à grandir.

Mais partir ne devrait pas signifier ne jamais pouvoir revenir.

La Réunion doit aussi être capable d’offrir une place à ceux qui souhaitent construire leur vie ici.

Ne pas oublier les gramounes

Et Max Richard insiste sur un autre public : nos gramounes.

Le vieillissement de la population impose selon lui de réfléchir davantage à la proximité des services, notamment en matière de santé.

Il cite l’exemple de Sainte-Suzanne : pour certains examens ou consultations spécialisées, les habitants doivent se déplacer vers Saint-Denis ou d’autres communes, avec les difficultés supplémentaires provoquées par les embouteillages.

D’où une idée qu’il souhaite mettre dans le débat : développer davantage l’offre de santé à Sainte-Suzanne, afin que certains examens et consultations puissent être réalisés au plus près des habitants.

Une commune d’environ 25 000 habitants, estime-t-il, doit pouvoir réfléchir à ce type de services.

La rivière, les souvenirs et une Réunion qui change

Lorsque l’interview devient plus personnelle, Max Richard raconte une autre Sainte-Suzanne.

Celle de son enfance.

La rivière où l’on allait pêcher, les journées passées en famille, les repas pris sur place, les enfants qui accompagnaient leurs parents…

Des souvenirs simples auxquels il reste profondément attaché.

Il observe avec un peu de nostalgie une société où les écrans et les téléphones occupent désormais une place considérable.

Il ne rejette pas la technologie, mais aimerait que les nouvelles générations puissent également préserver le contact humain, la nature et certaines valeurs de transmission.

Séga ou maloya ? Pour Max Richard, inutile de choisir : les deux font partie de l’identité réunionnaise et de l’héritage transmis par nos anciens.

« Le respect, pour moi, c’est une religion »

S’il devait retenir une qualité essentielle chez quelqu’un, ce serait le respect.

Le respect dans la discussion, même lorsque les opinions divergent.

Et lorsqu’un problème existe, Max Richard préfère que les choses soient dites directement : parler franchement à la personne concernée plutôt que multiplier critiques et sous-entendus.

Cette philosophie résume finalement assez bien sa conception de l’engagement communal.

Regarder ce qui a déjà été réalisé, identifier ce qui reste à faire, puis agir sur les priorités : l’emploi, la jeunesse, les gramounes, la santé et le développement économique.

Pour Max Richard, servir Sainte-Suzanne, c’est ainsi préparer son avenir sans oublier ceux qui ont construit son histoire.

KNEWS – Portraits de Réunionnais qui s’engagent





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